Late 2015 – Les événements communautaires !

Bonjour à tous,

Aujourd’hui un petit post pour y voir un peu plus claire dans les événements communautaires du monde Azure et Office 365 de la fin de l’année ; il y en a beaucoup, et c’est vraiment une super fin d’année qui s’annonce.

Je ne me rendrai pas à tous les événements cités ci-dessous, le but est plutôt de vous guider dans la jungle des conférences, tours et autres events !

La ReBUILD est le gros événement français du mois d’octobre. Organisée par Kevin Treholan.
Voici le Sway ! J’aurai l’immense plaisir de co speaker avec Patrick Guimonet et Alexandre Pitatetsky pour notre session Power BI. Le but sera de faire de vous un héros sur Power BI en une heure !
Il y aura également beaucoup de speakers francophones « habituels », ce sera donc forcément sympa !

Ce n’est pas un événement communautaire, mais ce sera l’occasion d’aller voir à la source quelles sont les nouveautés qui arrivent !
Alors là, attention, événement international et online ! Grâce à Gokan Ozcifci et Patrick Guimonet, les francophones auront un large créneau lors de cet événement conséquent. Nous referons, avec Patrick, notre session sur Power BI !
Plusieurs milliers de participants sont attendus. Un événement à ne rater sous aucun prétexte.

Le yOS Tour reprend, et après Genève et Montpellier, Serge Tremblay et ses compères nous font l’honneur de nous accueillir à Montréal, au Canada ! Merciiiii ! Ce sera le premier yOS Day en dehors de l’Europe !
L’excellente Joëlle Ruelle et moi même vous présenterons un session sur le développement d’Apps Office et SharePoint, notamment avec Azure. Vous me direz que c’est un sujet déjà beaucoup traité (surtout pour la partie SharePoint), mais nous orienterons la session vers Office Store, ce qui sera la nouveauté de ces sessions !

MVP Summit – 2 au 5 novembre 2015 – Seattle (USA)
Pour les MVP, il y aura bien sur le MVP Summit dans la foulée du yOS Day Montréal ! Ils reviendront surement avec des infos fraiches sur nos technos favorites !

Le gros événement SharePoint de la fin de l’année… Plus besoin de le présenter !
J’irai peut-être…

L’Azure Tour, série internationale d’événements organisés par Microsoft au sujet d’Azure s’arrête à Paris ! Les sessions proposées sont particulièrement intéressantes ! A ne pas rater !

Organisé par Etienne Bailly et Yoan Topenot, il s’agit d’une nouvelle étape du yOS Tour, cette fois ci dans la belle ville de Lyon !

Et voilà ! J’en ai peut-être oublié, n’hésitez pas à me l’indiquer !
Bonne semaine !

« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 3/3 : Le montage

Bonjour à tous,

Nous arrivons au terme de cette mini série de billets de blog ! Si les posts précédents étaient plutôt orienté sur la psychologie du freelance, aujourd’hui, nous rentrons dans le dur, dans le technique, et nous allons tenter de répondre à la question : Quel est le meilleur montage en France pour un freelance,  qui génère au moins 90k€ de CA (hors sous traitance) par an ?

Premier élément de réponse : ça dépend de votre mode de vie. Je vais ici vous décrire ce qui est, à mon sens et pour l’instant, le meilleur montage, pour quelqu’un comme moi.
En gros :
– Je suis prêt à payer une bonne assurance sociale
– Je ne veux pas embaucher
– Je ne veux pas m’associer
– Je suis propriétaire de mon appartement
– Je génère plus de 90k€ de CA / an
– Je n’ai pas de voiture, mais je prends beaucoup les transports et les Uber
– J’ai un profil d’épargnant de long terme car je souhaite partir à la retraite vers 50 ans

Ces critères ont été déterminants dans le choix du montage que j’ai réalisé. Ce montage est le fruit de plusieurs journées passées sur Internet, avec ma banque et mon expert comptable.
Vu la multitude de possibilités qu’il existe en France, de régime dérogatoires, … cela nécessite de s’y plonger.

Je suis souvent stupéfait lorsque je discute avec d’autres freelance. En la matière, la plupart d’entre nous subit au lieu d’agir. A une certaine époque, il n’existait que l’EURL, qui n’est vraiment pas adaptée au format de nos activités. Les « anciens » freelance n’ont pas fait de veille juridique pour connaitre les nouveaux statuts et les nouvelles possibilités. Ils subissent donc un statut qui n’est pas mauvais, mais juste incompatible avec leur activité. Et ils s’en plaignent !

A mon sens, passer du temps à optimiser fait partie de notre métier, si on décide de l’exercer en France. C’est une contrainte à prendre en compte. Une variable. Notre pays ne présente aucune stabilité règlementaire et fiscale. Il suffit de s’adapter. C’est comme avec Azure et Office 365 : il y a de la nouveauté tous les jours, et tout le monde trouve ça génial, et fait évoluer ses usages. Pourquoi il n’en serait pas de même avec nos boites ?

On ne doit pas juste exercer son boulot de consultant. On doit aussi se tenir informé des évolutions règlementaires, explorer de nouvelles pistes, se montrer créatif, et surtout faire évoluer son montage.

Donc, messages à mes collègues : arrêtez de vous plaindre des prélèvements. On va voir que la France est un paradis fiscal pour les freelances qui gagnent plus de 90k€ de CA. C’est comme le reste, il suffit de s’y plonger et de le bosser un peu.

Une dernière chose à ce sujet, après j’arrête d’accabler tout le monde : vous êtes seuls. Si votre expert comptable pourra valider un montage, il ne vous le fera pas, et nous ne gagnons pas assez pour intéresser des avocats fiscalistes suffisamment pointus.

Le statut
En France, il existe une multitude de statuts : de l’auto entrepreneur, à l’indépendant, en passant par une dizaine de formes de sociétés différentes. Chacun d’entre eux ont leurs avantages et leurs inconvénients.
Pour avoir fait une première expérience (ratée) de mise à mon compte il y a sept ans, je savais une chose, je ne voulais plus jamais avoir à faire au RSI (Régime Social des Indépendants).

Pourquoi ? Il y a bien sur les raisons habituelles que chaque personne qui est assuré chez eux connait, mais aussi parce que le niveau des prestations d’assurance qu’ils fournissent présente un rapport qualité / prix désastreux. Pas d’arrêt maladie, pas de cotisations aux caisses de retraites des cadres, … Le tout pour un prix prohibitif, calculé sur des bases forfaitaires incompréhensibles.
Bref, ce critère a largement restreint les choix de statuts potentiels.

Il n’existe qu’un seul statut permettant à un indépendant d’être salarié : la Société par Action Simplifiées Unipersonnelle, plus communément appelées SAS Unipersonnelle, ou encore SASU.

Par ce statut, vous devenez Président de votre SASU, vous en êtes l’actionnaire unique, et vous vous versez un salaire mensuel, avec bulletin de salaire, cotisations aux caisses de retraite des cadres, arrêts maladie, … Deux choses vous différencient d’un salarié lambda :
– Si vous avez un litige avec votre employeur (donc vous même), vous dépendez du Tribunal d’Instance, et non pas des Prud’hommes.
– Vous ne cotisez pas à l’assurance chômage, et vous n’y aurez donc pas le droit.

Avantages :
– Vous bénéficiez de la meilleure assurance maladie du monde
– Vous bénéficiez des caisses de retraite du régime général, et des caisses complémentaires des cadres
– L’accès au crédit. Les banques ne prêtent généralement pas à des gérants de sociétés (type EURL) ou travailleurs indépendants sans trois ans de bilan. Comme vous êtes salarié, vous n’avez pas à expliquer à un organisme de crédit que vous êtes à votre compte. Vous leur donnez les trois derniers bulletins de salaire, … Et puis voilà !
– Vous allez pouvoir bénéficier de tous les avantages de l’épargne salariale, d’une mutuelle payée par la SASU, … Nous allons y revenir.

Inconvénient
– C’est cher. Puisque les cotisations patronales + salariales représentent près de 60% du salaire. Mais comparé au 45% du RSI… Le choix est fait ! Et puis, il y a d’autre moyen de se reverser l’argent de son entreprise.

Pour le reste, c’est un fonctionnement normal de société en TVA, imposée à l’IS. Je crois qu’il y a une option d’imposition à l’IR, mais ce n’est pas intéressant dans notre cas.

Une fois que vous avez décidé quel était votre statut, une seule question doit vous obséder : comment faire redescendre le maximum d’argent de la SASU dans ma poche, sans payer trop d’impôts et prélèvement sociaux, ni sacrifier mon assurance sociale et, of course, en restant dans la légalité.

Et c’est là qu’intervient le montage.

Defisc

Le loyer
Valable uniquement si vous êtes propriétaire de votre appartement.
En gros, vous louez une surface raisonnable (pas plus de 25%) de votre appartement à votre société, pour qu’elle puisse exercer son activité. Attention : ce loyer doit être en adéquation avec les loyers habituellement pratiqués sur votre zone géographique. Vous devez également penser à faire un bail, en cas de contrôle.

Avantages pour la SASU :
– Le loyer est une charge et vient donc en déduction de son résultat net : donc moins d’IS

Avantages pour vous :
– Vous avez besoin d’une nouvelle télé ? Achetez la avec la société, pour meubler votre lieu d’exercice qui se trouve être aussi votre résidence principale, … En plus, vous récupèrerez la TVA ! (Voir la rubrique sur les frais)
– Si vous faites des travaux à titre personnel, vous pouvez déduire de votre revenu imposable, une partie de ces travaux. Ils sont alors passés en déficits fonciers. Ce qui est génial si vous faites de gros travaux. C’est un sacré bon vecteur de défiscalisation.

Imposition et prélèvements sociaux pour vous :
– 15% de prélèvement sociaux
– Taux marginal d’imposition sur le revenu (généralement 30%)
Soit un total de 45%, mais lisez bien la rubrique « avantages » ^^

Le salaire
Déjà évoqué plus haut, il vous permet un accès au crédit facilité, l’accès à une excellente couverture sociale (tant maladie, que retraite). Il doit être votre élément principal de rémunération. Je vous déconseille d’augmenter le loyer que vous faites payer à votre société et de réduire votre salaire pour payer moins de prélèvement sociaux.

Avantages pour la SASU :
– Le salaire est une charge et vient donc en déduction de son résultat net : donc moins d’IS

Prélèvement pour la SASU :
– Cotisations sociales patronales : aux alentours de 40% du salaire brut

Avantages pour vous :
– Couverture santé similaire à celle des salariés (y compris les arrêts maladies)
– Cotisation aux caisses de retraite du régime général
– Mutuelle obligatoire qui peut être prise en charge à 100% par la SASU et donc venir en déduction de son résultat net
– Accès au crédit facilité
– Permet de bénéficier des avantages des salariés (chèques vacances, épargne salariale, …)

Imposition et prélèvements sociaux pour vous :
– Cotisation sociales salariales (directement payées par l’employeur) : aux alentours de 25% du salaire brut
– Taux marginal d’imposition sur le revenu (généralement 30%) sur le salaire net

Le PEE + accord d’intéressement ou de participation
Le Plan Epargne d’Entreprise est l’arme de défiscalisation massive de ce montage. Il l’est encore plus depuis que la loi Macron est passée. Il n’est accessible qu’aux salariés, qui doivent être au nombre de deux (vous pouvez salarier votre conjoint deux heures par semaine).
Je vais essayer de rester concis : il s’agit d’un compte épargne, ouvert par l’entreprise au nom de son salarié. A l’origine, le fonctionnement est le suivant : vous mettez 10€ et l’entreprise peut abonder, dans une certaine limite (qu’on atteint rapidement). L’entreprise paye alors 8% de forfait social sur ce qu’elle verse (comparez ce chiffre au 40% de cotisations patronales sur le salaire).

L’argent est bloqué 5 ans (avec déblocage anticipé possible dans certain cas : achat de voiture, de résidence principale, …). Lorsque le salarié récupère l’argent, celui-ci est net d’impôts et de prélèvement sociaux. Comme si vous aviez gagné au Loto !
Dans cette configuration le PEE présente une limite : vous devez mettre de l’argent personnel pour que l’entreprise abonde ; et l’abondement est très limité par la loi.

Par contre, vous pouvez y joindre un accord d’intéressement ou de participation (la banque s’occupe de tout ça). Et là, c’est le jackpot le plus total.
La SASU verse alors sur un compte à votre nom le montant que vous voulez, paye uniquement 8% de forfait social.
Quand vous récupérez l’argent au bout de cinq ans, ou cas de déblocage anticipé, il est net de tout : pas d’impôts ni de prélèvement sociaux.
C’est encore mieux que de vivre dans un paradis fiscal ! Si vous vous versez 1000 €, la SASU payera 80 € de forfait social et après l’argent est à vous !
Ah oui ! Dernière chose ! Les versements sur le PEE sont considérés comme une charge, et viennent donc en déduction de son résultat net, donc moins d’IS !

Avantages pour la SASU :
– Les versement sur le PEE sont une charge et viennent donc en déduction du résultat net : donc moins d’IS

Prélèvement pour la SASU :
– Forfait social minime, récemment passé à 8% par la loi Macron (contre 20% auparavant)

Imposition et prélèvements sociaux pour vous :
– Strictement aucun prélèvement, ça ne compte même pas dans votre IR. Par contre l’argent est bloqué au moins 5 ans, sauf cas de déblocages anticipés.

Attention : si vous comptez embaucher, réfléchissez avant de mettre en place ce type de plan : vous devrez en faire bénéficier tous les salariés dans la même catégorie objective que vous (cadre, …).

Les frais
Ils participent énormément à l’augmentation de votre niveau de vie professionnel. Il faut y faire attention, car les impôts y font attention.
Passent normalement en frais toutes les dépenses nécessaires au bon fonctionnement de votre SASU : matériel informatique, repas lorsque vous êtes en mission, repas avec des clients ou des fournisseurs, déplacements en Uber, en avion, cadeaux aux clients …
L’avantage, c’est que vous ne payez aucun impôt, ni aucun prélèvement sur les frais de l’entreprise ; qu’ils viennent imputer le résultat net, faisant donc baisser l’IS, et que la SASU récupère la TVA dessus.

On peut donc être tenté de faire passer en frais des choses qui ne relèvent pas vraiment du fonctionnement de l’entreprise. Par exemple : évitez de faire vos courses avec la carte VISA de la société…

Comme le dit mon excellent expert comptable à ce sujet : « il y a des zones blanches, des zones noires, et des zones où on discute ».

En tout état de cause, à chaque fois que vous sortez votre carte pour payer quelque chose, posez-vous la question : « est-ce que je ne pourrai pas le passer en frais ? », si la réponse est oui, réfléchissez bien à la justification que vous donnerez lorsqu’on vous la demandera.

Avantages pour la SASU :
– Les frais sont une charge et viennent donc en déduction du résultat net : donc moins d’IS

Avantages pour vous :
– Votre vie professionnelle sera nettement plus confortable que dans votre vie de salarié


Les dividendes
Les dividendes, c’est le fruit de la distribution à l’actionnaire unique de tout ou partie des bénéfices de la SASU. S’il y a des dividendes, c’est qu’il y a eu des bénéfices. Et s’il y a eu des bénéfices, c’est qu’il y a eu de l’IS…

Très franchement, il n’y a aucun intérêt à payer de l’IS, ou même l’imposition sur les dividendes. Il faut faire un peu de bénéfice (=IS) et se verser un peu de dividendes (=IR + Prélèvement sociaux) pour faire plaisir aux impôts. C’est comme ça. Mais vu ce que j’ai expliqué plus tôt, c’est un moindre mal .

Et voilà, sur cette note un peu triste se termine ce dernier billet de la série « Freelance : Pourquoi pas moi ? ». Je voulais encore vous remercier de votre fidélité. Vous avez fait exploser les stats de visite du blog. Ça fait plaisir ! Je vais maintenant me reconcentrer sur des sujets techniques.

Je suis à votre disposition pour toute question. Vous l’aurez compris, j’adore l’informatique et la fiscalité !

Attention : si vous êtes potentiellement un demandeur d’emploi indemnisé et que vous souhaitez vous mettre en freelance, avec un CA prévisionnel au dessus de 90k€ / an, contactez moi ! On a trouvé un montage encore bien meilleur pour vos quatre premières années d’activité !

Collab 365 – Ne ratez pas l’événement !

En attendant le prochain billet de dimanche, un peu de pub pour l’un des événements en ligne les plus importants de l’année ! Où que vous soyez, ne ratez pas cette conférence qui s’annonce des meilleures ; et notamment avec des sessions francophones !

Nous remercions d’ailleurs les organisateurs de nous avoir offert ces créneaux ! Un grand nombre des participants habituels du yOS-Tour seront présents.

Je présenterai une session sur Power BI avec l’incroyable et excellent Patrick Guimonet

Nous vous expliquerons comment devenir des héros sur Power BI en moins d’une heure (et dans la bonne humeur) !

http://www.collab365.events

« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 2/3 : le Chemin vers l’Indépendance

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous aller rester dans la continuité de la série entamée la semaine dernière, (justement) nommée « Freelance : Pourquoi pas moi ? »
Il s’agit d’une série de trois épisodes disponibles aux liens suivants :
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 1/3 : les Prérequis
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 2/3 : le Chemin vers l’Indépendance
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 3/3 : le Montage

Tout d’abord, je souhaitais vous remercier de vos messages, et surtout de l’affluence incroyable de cette semaine, puisqu’avec mon premier billet non technique sur les Prérequis pour devenir freelance, j’ai multiplié par 10 le nombre de visiteurs habituels du blog.

Nous avions vu la semaine dernière quels étaient les pré-requis pour devenir freelance, l’épisode de cette semaine, comme promis, traitera du chemin vers l’indépendance.
C’est une expression un peu pompeuse pour désigner l’étape fondatrice de la vie de freelance : celle qui engage un processus vous emmenant vers l’autonomie, le risque et la fortune (pas au sens financier du terme hein, quoique ;-)).

Une fois de plus, je précise que je parlerai ici de mon expérience personnelle, que je ne prétends pas énoncer une vérité absolue même si j’essayerai de dégager des points pouvant être communs à un certain nombre de personne qui font ou feront ce choix de l’indépendance.

L’acte destructeur
Sans faire de psychologie approximative, il y a souvent un acte destructeur au début de la démarche pour devenir freelance : un départ. Sous forme de démission, de licenciement ou de rupture conventionnelle, que l’on ai pris sa décision de devenir freelance avant ou après son préavis, ce départ est l’élément déclencheur. Il initie une sorte de deuil : celui de sa vie de salarié.

Le système de salarié-patron est celui auquel nous sommes habitués. Nous le vivons généralement depuis plusieurs années. C’est un modèle dont il faut se séparer. C’est, à mon sens, ce qu’il se passe lorsqu’on décide de partir pour devenir freelance.

Ce n’est pas tant le fait de laisser son entreprise et son équipe qui pose problème, mais aussi de laisser derrière sois une partie de sa vie ; régie par une sécurité de l’emploi relativement élevée, l’accès au crédit (nous y reviendrons dans le troisième sujet), un salaire régulier, et la vie dans une certaine « normalité ».
Car socialement, on ne vous considèrera plus vraiment de la même manière dès lors que vous aurez fait le choix de devenir freelance.

C’est donc de tout ça qu’il faut faire le deuil : sa boite, ses collègues, une partie de son mode de vie, et du statut social le plus répandu. Et l’acte fondateur de ce deuil, c’est votre départ.

Pour faire une petite transgression au sujet de « quitter son mode de vie salarié », on m’a souvent dit que devenir freelance, c’est « cool car on n’a plus de patron ». Je ne suis pas vraiment d’accord. Vous avez autant de patron que vous avez de clients ; et dans nos métiers, c’est particulièrement vrai, puisque nous réalisons des missions chez nos clients, et que nous devons donc nous plier à leurs horaires, leurs lieux de travail, leurs règles.
Bref, en tant que  salarié, vous aviez deux patrons : votre client et votre patron, en freelance, vous n’avez plus qu’un patron : votre client. Et c’est toujours ça de pris !

La décision
Pour ma part, je ne m’imaginais pas me mettre à mon compte lorsque j’ai présenté ma démission. J’avais même signé un CDI chez un autre employeur !

Mais il y un facteur déclenchant : l’entourage. Si vous n’êtes pas sur, ou que l’idée vous a traversé l’esprit mais sans vraiment creuser l’idée de vous mettre à votre compte, votre entourage sent que vous êtes prêts pour l’indépendance ; et vous le fait sentir.
Il faut donc être à l’écoute de son entourage dans ces périodes instables.

Pour ma part, ma femme, mon patron et un couple d’amis qui travaillent en indépendants depuis longtemps sur SharePoint m’ont fortement conseillés d’envisager cette possibilité. J’ai pris la décision ferme et définitive de devenir freelance dès que j’ai pu m’assurer que j’aurai suffisamment clients, et que j’avais l’envie structurelle de me lancer.

De ces deux critères découlaient tous les autres prérequis : si j’avais des clients, c’est que j’avais du réseau. Si j’avais l’envie de prendre le risque, c’est que mon entourage me soutenait.

Pour l’argent nécessaire à assumer cette décision, j’ai fait ce qu’il fallait pour réunir de quoi tenir deux mois et demi ; et la décision était complètement prise.

La reconstruction
Surement l’étape la plus passionnante : c’est là que vous allez définir quel sera votre nouveau mode de vie et de travail.

Cette étape n’est pas moins anxiogène que les autres, mais elle vous transforme durablement, selon des critères que vous allez choisir.
La première chose, c’est que vous allez commencer à annoncer à vos proches et à vos relations professionnelles que vous vous lancez à votre compte. L’image « sociale » que vous renvoyez va donc radicalement changer. Certain qualifieront ce choix de mauvais, d’autres penseront que c’est un « délire passager » et la majorité suivra avec intérêt votre transformation.

En parallèle, le fait d’annoncer cette nouvelle va verrouiller complètement votre choix. A cette période, je ne me voyais pas changer d’avis. Le regard des autres aurait été difficile à supporter en cas de revirement, et c’est heureux, car c’est un moteur pour avancer vers l’indépendance.

Gardez aussi à l’esprit qu’en tant que consultant SharePoint avec un peu de séniorité, vous gagnez entre 40k € et 60k € / an. Vous faites donc partie du tiers des français qui gagne le mieux leur vie. Les gens trouveront étrange que vous souhaitiez risquer votre « bon poste »… Préparez votre discours, soyez prêt à justifier vos choix, notamment auprès de votre famille, prenez le comme un plan de conduite du changement.

Durant cette période vient ensuite le choix du statut, de votre optimisation fiscale, vos premières propositions commerciales, la mise en place des outils qui vous permettront d’assurer la gestion de votre structure et surtout le choix de vos partenaires (banque, expert comptable, assureur, …) … Vous n’en dormirez plus et tout le monde vous trouvera crevé ! Ce n’est pas grave !

Je reviendrai en détail sur le choix du statut et de l’optimisation fiscale dans le troisième post de cette série ; mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au moment de votre reconstruction, vous êtes seul.

Personne ne vous aidera à choisir la meilleure option. Votre expert comptable pourra éventuellement valider un choix de statut juridique ou un montage, mais à part vous conseiller un « pack tout fait », personne ne vous dira ce qui est le mieux pour vous, tout simplement parce que ce « mieux » diffère selon les personnes et les situations.
Pour la première fois, vous serez seul.

Et vous devrez bien avoir à l’esprit que c’est à vous qu’il appartient de choisir les modalités de votre accession à l’indépendance. Vouloir sous-traiter ces choix, c’est un peu sous-traiter la construction son âme de freelance : ça coûte cher, et ce n’est pas un bon deal à long terme.

J’ai passé des week-end entiers sur Internet à évaluer toutes les possibilités, en terme de statut, de choix de banque, d’optimisation fiscale, d’outils de gestion, de façon de gérer les clients, de façon de faire mon travail, de fixation de mes TJM … Et cette étape fut une montée en compétence aussi passionnante que celle que j’avais vécu lorsque j’ai commencé à travailler sur SharePoint. Cette étape est formatrice, elle est essentielle, car elle re-définit la façon dont vous allez vivre, tant professionnellement, que personnellement.

Les tentations

Ce point est surement lié au fait que je travaille sur SharePoint et Azure, et que la pénurie de main d’œuvre fait rage dans nos SSII européennes.

Sans faire un exposé complet de l’état du marché des compétences SharePoint, voici un petit résumé :
– Tout le monde s’équipe avec du SharePoint/Office 365, et maintenant avec de l’Azure
– Il n’y a pas vraiment d’école qui forme sur ces technologies
– Il faut au minimum deux ans pour former un consultant SharePoint solide
– Les Suisses francophones sont aussi fortement équipés, et puisent dans la réserve de main d’œuvre française de top niveau, grâce à des niveaux de salaires astronomiques et un cadre de vie qui peut être, pour certain, plus sympa que celui de la région parisienne (montagne vs. périph, on comprend que la question se pose).

De fait, il y a une pénurie, qui fait que dès qu’un consultant est sur le marché, une multitude d’acteurs va se mettre à lui proposer des postes « mieux que mieux », des salaires « plus haut que haut », des clients « plus géniaux que géniaux », …
Et un freelance en devenir est une excellente cible, puisqu’il est démissionnaire et qu’il n’a pas signé de contrat de travail pour une autre société.

Les recruteurs des grosses SSII, les chasseurs de tête, les patrons de boites plus petites, …Tout ce petit monde va vous proposer de laver plus blanc que blanc, dès qu’ils connaitront votre situation.

C’est très agréable les trois premiers jours, ça flatte l’égo, et devient très vite fatiguant, surtout lorsque vous voulez faire avancer votre projet freelance.
Cela dit, si vous résistez aux propositions de meilleurs postes du monde, dans la meilleure SSII du monde, avec les meilleurs clients du monde, et les meilleurs projets de l’univers. Profitez de ces démarchages pour aller rencontrer ces gens.

Voici les avantages qui en découleront :
– Vous améliorerez votre connaissance du marché, et donc de vos collègues et concurrents.
– Vous pourrez nouer des contacts, avec des gens qui sont aussi chargés de trouver des freelance pour certaines de leurs missions.
– Cela vous permettra de tester votre détermination à devenir freelance.
– Vous pourrez parfaire votre capacité à vous présenter et à parler de vous. Ce sera très utile pour la partie « avant-vente » de votre futur métier de freelance.
– Les tests ou entretiens techniques vous permettront de vous remettre en question, et de vous situer.

A ce dernier sujet, je me souviens avoir passé un entretien technique catastrophique pour une SSII parisienne à cette période. Le responsable technique qui me faisait passer l’entretien était bien meilleur que moi ; et très franchement, je me suis ridiculisé en ne répondant qu’à 20% de ses questions.

J’ai donc ravalé ma fierté, pris en note tous les points sur lesquels je pêchais et j’ai pu les travailler tranquillement une fois l’entretien terminé. Cela m’a permis d’améliorer mes connaissances de SharePoint, sur des points que je n’avais jamais eu à aborder.

Les entretiens d’embauche, c’est une sorte d’évaluation gratuite, qui permet également de trouver des clients et de faire une analyse concurrentielle du marché, au coeur de vos concurrents !

Enfin, ma femme me trouve complètement fou sur ce point, mais j’aime bien aller faire des entretiens d’embauche de temps en temps. Ça permet de discuter avec d’autres personnes que mon cadre de connaissances habituelles, de voir ce qui se fait ailleurs, … Et c’est toujours agréable d’échanger avec des gens qui s’intéressent à vous. Non ?

Le premier mois
Une fois que vous vous êtes auto détruit, reconstruit et que vous avez échappé aux tentations, vous êtes prêts pour vous lancer. Généralement à la fin de votre préavis (si vous êtes démissionnaire). Et très franchement, vous ne verrez pas beaucoup de différence avec votre vie de consultant d’avant. Parce que vos clients restent des clients, et que SharePoint reste SharePoint, Azure reste Azure…

La fin du premier mois d’activité correspond, à mon sens, à la fin de votre cheminement vers l’indépendance. Vous établirez votre première facture, ferez votre première déclaration de TVA, vous payerez (ou pas) un salaire, … Et à la fin du mois suivant, vous subirez votre premier retard de paiement…

Comme je l’ai précédemment indiqué, j’ai fait un (bref) passage à l’armée. Et franchement, devenir militaire, c’est comme devenir freelance : vous décidez de changer de mode de vie, et de façon de travailler. Socialement, tout le monde aura un avis sur votre choix, et chacun fera évoluer l’image qu’il a de vous en conséquence.

Ce « chemin vers l’indépendance », c’est un peu comme les classes à l’armée. Vous êtes isolé, vous montez en compétence sur un vaste champ de sujets jusqu’alors inconnu. Vous êtes stressés. Et la récompense si vous arrivez au bout, c’est que vous pouvez re-commencer à vivre « normalement » ; mais avec la satisfaction d’avoir tenu l’engagement pris avec vous-même.

C’est ce que je n’ai pas réussi à faire à l’armée, car je suis parti pendant mes classes, mais c’est ce que j’ai fait avec Cloud’s Natives, et j’en suis très heureux.

Il y a une différence avec l’armée, c’est que là bas, on vous montre quelle est le bon chemin, et que pour devenir freelance, c’est à vous de le trouver. Egalement, notez que durant cette phase de construction, vous devez continuer à exercer votre travail, et donc savoir allier les deux.

A la semaine prochaine pour le dernier post de cette série. Celui-ci sera beaucoup plus technique car il sera consacré au choix de statut juridique, à la fiscalité, à l’assurance sociale et montrera que Xavier Niel avait raison : la France est un paradis fiscal.

« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 1/3 : les Prérequis

Bonjour à tous,

Une fois n’est pas coutume, je vous propose pour aujourd’hui et pour les deux semaines à venir une série de trois posts pas du tout techniques, mais orientés sur des éléments de réponse à une question que tous les consultant(e)s se sont posés au moins une fois : « Et si je me lançais en freelance ? »

A l’heure où 30% des travailleurs américains sont des indépendants, où l’auto entreprise s’impose comme un franc succès, le système traditionnel « employeur-salarié » laisse place à un nouveau modèle, où le fait d’avoir un patron est une alternative parmi d’autres. Un certain nombre d’innovations technologiques poussent ces nouvelles façons de travailler : Uber en est un exemple, et l’économie collaborative de manière plus générale.

Dans nos métiers de l’IT, les indépendants existent depuis longtemps sous le nom de freelance. Ni chefs d’entreprise, ni salariés. Ils sont ce que certain économistes commencent à appeler les « auto salariés ».
Pour ma part, mon premier emploi après l’armée en 2009 était celui de technicien informatique indépendant. Je suis ensuite repassé par la case salarié pour mon activité principale, tout en conservant une activité indépendante secondaire.
En 2015, j’ai à nouveau décidé de me lancer, en tant que consultant freelance cette fois-ci. Force est de constater que les choses ont énormément évoluées en six ans en France ; et en bien, croyez moi.

Dans ce premier billet, je vous ferai part des prérequis qui sont, à mon sens, essentiels à prendre en compte dans un questionnement personnel sur le statut de freelance. Dans le second post de cette mini série, je vous expliquerai le cheminement qui m’a poussé à devenir freelance, en essayant d’extrapoler vers d’autres situations que la mienne, la votre par exemple. Enfin, dans le troisième post, nous rentrerons plus dans le vif du sujet, pour vous expliquer les implications légales et fiscales : quel statut juridique opter, comment gagner plus en payant moins, … Car la fiscalité est également un sujet qui me passionne. On verra que la France est clairement un paradis fiscal pour les travailleurs indépendants, pour peu qu’on passe un peu de temps à prendre connaissance des dispositifs existants, et que l’on sache s’adapter aux changements règlementaires.

Nous aurons donc trois posts :
1. Les pré requis
2. Le chemin vers l’indépendance
3. Le montage

Pour finir cette introduction, un petit disclaimer. Je ne prétends pas donner la meilleure option pour toute les situations, mais plutôt vous faire part de mon expérience, afin d’aider et d’informer les personnes sur le cheminement professionnel, intellectuel et administratif qui mène vers l’indépendance.

L’envie
On dit souvent qu’il y a un profil pour devenir freelance ou indépendant… Je dirai plutôt qu’il y a une envie et des opportunités.
Je connais un certain nombres d’indépendants. Nous sommes  (presque) tous  différents. Le point que nous avons en commun : à un moment, nous avons eu l’envie et l’opportunité de faire notre métier autrement, d’accepter les risques, les contraintes et les avantages du statut d’indépendant.

De mon côté, j’ai une activité indépendante depuis 2009, parfois principale, souvent secondaire. L’envie est donc là depuis « toujours ». Je n’ai pas eu à me poser la question de savoir si cette envie était conjoncturelle. Elle est structurelle. Mais cela peut ne pas être clair pour tout le monde ; et peut nécessiter un petit travail sur soi.

Car une fois que le choix est fait, il est compliqué d’y revenir. Non pas professionnellement : vous retrouverez toujours un CDI, mais personnellement. Un revirement peut être vécu comme un échec personnel… Et, même si c’est formateur, ce n’est jamais très agréable.

Attention également à ne pas confondre le freelance et le chef d’entreprise : un freelance n’a pas pour vocation de grossir et d’embaucher. Même si les outils légaux sont identiques, il s’agit de deux métiers radicalement différents. Ne confondez pas les deux, et choisissez bien ce que vous voulez devenir une SSII ou un travailleur indépendant.

Les clients
Avant même d’envisager se mettre à son compte, vous devez vous poser la question des clients. Y a t-il des clients qui seraient prêts à travailler avec vous ?
Avez-vous envie de travailler avec eux ? Les missions seront-elles intéressantes ?

Les clients sont l’Alpha et l’Omega de notre métier. Ils nous font vivre : financièrement, professionnellement et socialement. Ils nous ouvrent leurs portes, nous payent et nous travaillons à les rendre plus efficaces et plus productifs.
Sans nos clients, nous ne sommes rien. Ce qui veut dire qu’il faut aimer entretenir une relation de confiance avec eux, qui va au delà de la simple prestation de service. Envisagez quelque chose qui se rapproche un peu d’une relation commerciale.

Si vous avez au moins un client, et que vous aimez l’aider à devenir plus productif, tout en vous sentant prêt à faire un peu de « relation commerciale ». Vous êtes un bon candidat pour l’indépendance !

Le réseau
Ce point est capital. Vu de ma fenêtre, vous ne pouvez pas partir sans réseau et de solides appuis dans votre environnement professionnel.

Pour ma part j’ai eu la chance de rencontrer un couple qui travaille depuis longtemps sur SharePoint. Ils m’ont poussé à faire le choix de l’indépendance au moment où j’avais présenté ma démission. Nous travaillons toujours étroitement ensembles, ils sont mes partenaires et sont essentiels. J’en profite pour les remercier !

Le réseau vous permet de renforcer la confiance avec vos clients : s’ils savent que vous connaissez suffisamment de monde pour ne pas rester bloqué 10 jours sur un problème sans savoir qui appeler ; et que vous pouvez mobiliser rapidement les compétences dont ils ont besoin, ils seront rassurés et vous passeront plus de commandes.

Un peu paradoxalement, mon autre appuis dans ma démarche a été (et est toujours)… Mon ancien boss ! C’est une situation sûrement un peu particulière, mais c’est pour illustrer le fait qu’il ne faut pas partir avec des idées préconçues sur « qui » va vous soutenir. Ne refusez aucune aide, mais sachez prendre ce qui vous semble digne d’intérêt et laisser le reste.

Enfin, j’ai décidé de m’engager fortement au sein d’activités communautaires. Cela permet de rencontrer des gens qui pratiquent votre métier (vos « collègues »), de monter en compétence (ce qui est bon pour votre cerveau et votre TJM) et d’avoir un autre but dans votre vie professionnelle que de vendre des journées et les produire.
La communauté, c’est bon pour la santé !

Pourquoi le réseau est-il essentiel ? Parce que « l’Homme est un animal social ». Au delà du business, peu d’entre nous sont capables de travailler et de tenir la pression de manière solitaire. Nous avons besoin de parler à des gens qui comprennent nos problèmes pro, nos expériences… Et surtout pour rigoler un bon coup !

Votre conjoint ne fait généralement pas le même travail que vous et ne peut donc pas nécessairement saisir les détails de votre vie pro.
Quand vous êtes en SSII, vous avez toujours moyen de discuter avec un collègue.
Quand vous êtes freelance, vous êtes seul. Et pour peu que vous soyez sur une mission de dev en télétravail, vous ne côtoyez professionnellement personne d’autre que votre client.
Ne négligez donc pas ce point. Si vous n’avez pas un petit réseau, je vous déconseille de vous mettre à votre compte tout de suite. Mais cela se travaille, assez facilement.

Bref, c’est le troisième point : être freelance, c’est aussi faire des restau avec d’autres freelances, consultants, chefs d’entreprise, … En plus, c’est sympa !

J’ajouterai enfin qu’au sein de votre réseau, vous trouverez surement un expert comptable, partenaire essentiel du travailleur indépendant.

L’entourage et la famille
C’est aussi un point essentiel. Si vous êtes marié(e), parlez-en à votre conjoint. L’indépendance génère des inquiétudes : va-t-il y avoir plus de travail ? Comment va-t-on faire financièrement s’il n’y a pas de mission ?

L’avantage de ces questions, c’est qu’il faudra se les poser à un moment ou à un autre… Autant le faire rapidement. Les éléments de réponse sont divers, mais globalement, oui, il y aura plus de boulot, ça rapportera plus, et il n’y aura pas de patron. Et une partie du boulot sera différente : commerce, gestion, certaines tâches administratives seront de la partie, en plus de votre métier de consultant.

Les points d’inquiétudes de votre conjoint sont également un bon moyen de tester vos capacités à réaliser des missions de conduite du changement 😉

Il est possible de se lancer en freelance sans l’approbation de sa famille, notamment si vous n’êtes pas marié ou en couple. Un ami proche l’a fait, et ça se passe plutôt bien pour lui… Mais l’absence de ce type de soutien peut vous handicaper ; notamment si vous êtes proches de vos parents, frères, sœurs, …

Les sous
Généralement, les prestations réalisées entre le 1er septembre et le 30 septembre est payée au 30 octobre (30 jours, si vous avez de la chance). Il vous faut donc au moins deux mois de réserve. Mais vu qu’il vous faudra des sous pour le capital de votre société, assumer les retards de paiement potentiels de vos clients (qui sont légions en France)… Je vous conseille fortement trois mois et demi de réserve, pour être à l’aise.
Cela nécessite donc de chiffrer précisément combien vous dépensez pas mois. Il y a une méthode que tous les conseillers clientèles de nos banques connaissent et qui permet d’arriver à un chiffre tangible. Et croyez moi, si vous pensiez savoir le faire, faites le avec votre banquier, et vous verrez, vous serez souvent loin du compte !

En conclusion, comme pour une install, si les prérequis sont remplis, vous êtes prêts à passer à l’étape supérieure : initier votre transhumance vers la liberté (relative) du freelance. C’est ce que nous verrons dans mon prochain post, la semaine prochaine !

« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 1/3 : les Prérequis
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 2/3 : le Chemin vers l’Indépendance
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 3/3 : le Montage