« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 1/3 : les Prérequis

Bonjour à tous,

Une fois n’est pas coutume, je vous propose pour aujourd’hui et pour les deux semaines à venir une série de trois posts pas du tout techniques, mais orientés sur des éléments de réponse à une question que tous les consultant(e)s se sont posés au moins une fois : « Et si je me lançais en freelance ? »

A l’heure où 30% des travailleurs américains sont des indépendants, où l’auto entreprise s’impose comme un franc succès, le système traditionnel « employeur-salarié » laisse place à un nouveau modèle, où le fait d’avoir un patron est une alternative parmi d’autres. Un certain nombre d’innovations technologiques poussent ces nouvelles façons de travailler : Uber en est un exemple, et l’économie collaborative de manière plus générale.

Dans nos métiers de l’IT, les indépendants existent depuis longtemps sous le nom de freelance. Ni chefs d’entreprise, ni salariés. Ils sont ce que certain économistes commencent à appeler les « auto salariés ».
Pour ma part, mon premier emploi après l’armée en 2009 était celui de technicien informatique indépendant. Je suis ensuite repassé par la case salarié pour mon activité principale, tout en conservant une activité indépendante secondaire.
En 2015, j’ai à nouveau décidé de me lancer, en tant que consultant freelance cette fois-ci. Force est de constater que les choses ont énormément évoluées en six ans en France ; et en bien, croyez moi.

Dans ce premier billet, je vous ferai part des prérequis qui sont, à mon sens, essentiels à prendre en compte dans un questionnement personnel sur le statut de freelance. Dans le second post de cette mini série, je vous expliquerai le cheminement qui m’a poussé à devenir freelance, en essayant d’extrapoler vers d’autres situations que la mienne, la votre par exemple. Enfin, dans le troisième post, nous rentrerons plus dans le vif du sujet, pour vous expliquer les implications légales et fiscales : quel statut juridique opter, comment gagner plus en payant moins, … Car la fiscalité est également un sujet qui me passionne. On verra que la France est clairement un paradis fiscal pour les travailleurs indépendants, pour peu qu’on passe un peu de temps à prendre connaissance des dispositifs existants, et que l’on sache s’adapter aux changements règlementaires.

Nous aurons donc trois posts :
1. Les pré requis
2. Le chemin vers l’indépendance
3. Le montage

Pour finir cette introduction, un petit disclaimer. Je ne prétends pas donner la meilleure option pour toute les situations, mais plutôt vous faire part de mon expérience, afin d’aider et d’informer les personnes sur le cheminement professionnel, intellectuel et administratif qui mène vers l’indépendance.

L’envie
On dit souvent qu’il y a un profil pour devenir freelance ou indépendant… Je dirai plutôt qu’il y a une envie et des opportunités.
Je connais un certain nombres d’indépendants. Nous sommes  (presque) tous  différents. Le point que nous avons en commun : à un moment, nous avons eu l’envie et l’opportunité de faire notre métier autrement, d’accepter les risques, les contraintes et les avantages du statut d’indépendant.

De mon côté, j’ai une activité indépendante depuis 2009, parfois principale, souvent secondaire. L’envie est donc là depuis « toujours ». Je n’ai pas eu à me poser la question de savoir si cette envie était conjoncturelle. Elle est structurelle. Mais cela peut ne pas être clair pour tout le monde ; et peut nécessiter un petit travail sur soi.

Car une fois que le choix est fait, il est compliqué d’y revenir. Non pas professionnellement : vous retrouverez toujours un CDI, mais personnellement. Un revirement peut être vécu comme un échec personnel… Et, même si c’est formateur, ce n’est jamais très agréable.

Attention également à ne pas confondre le freelance et le chef d’entreprise : un freelance n’a pas pour vocation de grossir et d’embaucher. Même si les outils légaux sont identiques, il s’agit de deux métiers radicalement différents. Ne confondez pas les deux, et choisissez bien ce que vous voulez devenir une SSII ou un travailleur indépendant.

Les clients
Avant même d’envisager se mettre à son compte, vous devez vous poser la question des clients. Y a t-il des clients qui seraient prêts à travailler avec vous ?
Avez-vous envie de travailler avec eux ? Les missions seront-elles intéressantes ?

Les clients sont l’Alpha et l’Omega de notre métier. Ils nous font vivre : financièrement, professionnellement et socialement. Ils nous ouvrent leurs portes, nous payent et nous travaillons à les rendre plus efficaces et plus productifs.
Sans nos clients, nous ne sommes rien. Ce qui veut dire qu’il faut aimer entretenir une relation de confiance avec eux, qui va au delà de la simple prestation de service. Envisagez quelque chose qui se rapproche un peu d’une relation commerciale.

Si vous avez au moins un client, et que vous aimez l’aider à devenir plus productif, tout en vous sentant prêt à faire un peu de « relation commerciale ». Vous êtes un bon candidat pour l’indépendance !

Le réseau
Ce point est capital. Vu de ma fenêtre, vous ne pouvez pas partir sans réseau et de solides appuis dans votre environnement professionnel.

Pour ma part j’ai eu la chance de rencontrer un couple qui travaille depuis longtemps sur SharePoint. Ils m’ont poussé à faire le choix de l’indépendance au moment où j’avais présenté ma démission. Nous travaillons toujours étroitement ensembles, ils sont mes partenaires et sont essentiels. J’en profite pour les remercier !

Le réseau vous permet de renforcer la confiance avec vos clients : s’ils savent que vous connaissez suffisamment de monde pour ne pas rester bloqué 10 jours sur un problème sans savoir qui appeler ; et que vous pouvez mobiliser rapidement les compétences dont ils ont besoin, ils seront rassurés et vous passeront plus de commandes.

Un peu paradoxalement, mon autre appuis dans ma démarche a été (et est toujours)… Mon ancien boss ! C’est une situation sûrement un peu particulière, mais c’est pour illustrer le fait qu’il ne faut pas partir avec des idées préconçues sur « qui » va vous soutenir. Ne refusez aucune aide, mais sachez prendre ce qui vous semble digne d’intérêt et laisser le reste.

Enfin, j’ai décidé de m’engager fortement au sein d’activités communautaires. Cela permet de rencontrer des gens qui pratiquent votre métier (vos « collègues »), de monter en compétence (ce qui est bon pour votre cerveau et votre TJM) et d’avoir un autre but dans votre vie professionnelle que de vendre des journées et les produire.
La communauté, c’est bon pour la santé !

Pourquoi le réseau est-il essentiel ? Parce que « l’Homme est un animal social ». Au delà du business, peu d’entre nous sont capables de travailler et de tenir la pression de manière solitaire. Nous avons besoin de parler à des gens qui comprennent nos problèmes pro, nos expériences… Et surtout pour rigoler un bon coup !

Votre conjoint ne fait généralement pas le même travail que vous et ne peut donc pas nécessairement saisir les détails de votre vie pro.
Quand vous êtes en SSII, vous avez toujours moyen de discuter avec un collègue.
Quand vous êtes freelance, vous êtes seul. Et pour peu que vous soyez sur une mission de dev en télétravail, vous ne côtoyez professionnellement personne d’autre que votre client.
Ne négligez donc pas ce point. Si vous n’avez pas un petit réseau, je vous déconseille de vous mettre à votre compte tout de suite. Mais cela se travaille, assez facilement.

Bref, c’est le troisième point : être freelance, c’est aussi faire des restau avec d’autres freelances, consultants, chefs d’entreprise, … En plus, c’est sympa !

J’ajouterai enfin qu’au sein de votre réseau, vous trouverez surement un expert comptable, partenaire essentiel du travailleur indépendant.

L’entourage et la famille
C’est aussi un point essentiel. Si vous êtes marié(e), parlez-en à votre conjoint. L’indépendance génère des inquiétudes : va-t-il y avoir plus de travail ? Comment va-t-on faire financièrement s’il n’y a pas de mission ?

L’avantage de ces questions, c’est qu’il faudra se les poser à un moment ou à un autre… Autant le faire rapidement. Les éléments de réponse sont divers, mais globalement, oui, il y aura plus de boulot, ça rapportera plus, et il n’y aura pas de patron. Et une partie du boulot sera différente : commerce, gestion, certaines tâches administratives seront de la partie, en plus de votre métier de consultant.

Les points d’inquiétudes de votre conjoint sont également un bon moyen de tester vos capacités à réaliser des missions de conduite du changement 😉

Il est possible de se lancer en freelance sans l’approbation de sa famille, notamment si vous n’êtes pas marié ou en couple. Un ami proche l’a fait, et ça se passe plutôt bien pour lui… Mais l’absence de ce type de soutien peut vous handicaper ; notamment si vous êtes proches de vos parents, frères, sœurs, …

Les sous
Généralement, les prestations réalisées entre le 1er septembre et le 30 septembre est payée au 30 octobre (30 jours, si vous avez de la chance). Il vous faut donc au moins deux mois de réserve. Mais vu qu’il vous faudra des sous pour le capital de votre société, assumer les retards de paiement potentiels de vos clients (qui sont légions en France)… Je vous conseille fortement trois mois et demi de réserve, pour être à l’aise.
Cela nécessite donc de chiffrer précisément combien vous dépensez pas mois. Il y a une méthode que tous les conseillers clientèles de nos banques connaissent et qui permet d’arriver à un chiffre tangible. Et croyez moi, si vous pensiez savoir le faire, faites le avec votre banquier, et vous verrez, vous serez souvent loin du compte !

En conclusion, comme pour une install, si les prérequis sont remplis, vous êtes prêts à passer à l’étape supérieure : initier votre transhumance vers la liberté (relative) du freelance. C’est ce que nous verrons dans mon prochain post, la semaine prochaine !

« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 1/3 : les Prérequis
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 2/3 : le Chemin vers l’Indépendance
« Freelance : Pourquoi pas moi ? » – 3/3 : le Montage

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