Chroniques du transhumanisme – Partie 2 : Entre science-fiction et anticipation

L’un des grands changements récents dans le transhumanisme, c’est que les récentes innovations annoncées par Google and Co nous permettent de passer de la science fiction à l’anticipation.
C’est d’ailleurs ce que nous avions vu dans le précédent billet de blog des chroniques du transhumanisme.

Le but annoncé par ces sociétés est le suivant : que les humains soient immortels, et que les machines soient assez autonomes pour s’occuper du reste.
Comment cela va-t-il se passer ? Quels sont les chemins qu’emprunteront les scientifiques et leurs commanditaires pour arriver à ce résultat ? Comment vivrait une Humanité composée d’êtres immortels ?

La solution pour l’immortalité semble toute trouvée : pouvoir nous transférer vers un autre support, tout d’abord pour nous stocker et nous restaurer, puis de nous y faire vivre et prospérer. Il s’agit du « brain backup ». Littéralement « sauvegarde de cerveau ».

Évidemment, et c’était la conclusion de mon dernier billet, on ne va pas arriver du jour au lendemain avec la capacité de vous transférer dans un PC pour que vous puissiez y vivre. Non. Cela va se faire « par petite touche ».

Dans un premier temps, et ce qui va se produire dans les vingt prochaines années, les humains vont s’augmenter. Nous avons déjà commencé à le faire depuis l’avénement de l’informatique, mais ce qui va changer, ce sont les interfaces.
Nous allons pouvoir nous interfacer de plus en plus facilement avec nos machines, jusqu’à ce qu’elles fassent partie intégrante de nos corps physiques.

Il ne s’agit pas d’une révolution. On est passé en vingt ans d’un PC qui tenait en une pièce, à une montre connectée. Cela ne va pas s’arrêter. Motorola, filiale de Google, travaille dur pour faire émerger les premiers « tatouages intelligents ». On peut aussi parler de ce projet KickStarter qui veut projeter sur l’écran de votre smartphone sur votre bras…
Nous aurons donc de plus en plus d’implants, qui viendront remplacer nos smartphones encombrants.

Ces implants seront de deux types : cognitifs et moteurs.

Les implants cognitifs notre capacité à raisonner, et les seconds augmenteront les possibilités de nos corps. Nous serons de toute façon obligé de nous augmenter pour pouvoir traiter les flux de donnés qui nous arriveront. Nos assistants deviendront de plus en plus performants. Watson d’IBM en est un parfait exemple ; mais aussi Cortana et Siri, même s’il y a encore un peu de travail.

Les implants moteurs se traduiront sous diverses formes. Les exosquelettes nous serviront pour pallier quelques temps à ce que les robots ne sauront pas faire. Il y aura également des amputés volontaires souhaitant disposer de membres plus puissants, ou plus beaux.
Pour les sceptiques, on peut citer des interview d’Aimee Mullins, l’une des femmes les plus belles du monde, amputée des deux jambes. Elle peut choisir sa paire de jambes… Elle trouve cela très pratique : une paire pour le sport, une paire pour sortir (plus longue, of course)…. Elle racontait que l’une de ses amies avait trouvé « trop injuste » cette situation qui lui permettait d’avoir des jambes parfaites en toutes situations.

Ensuite, une innovation de rupture va arriver : le brain backup. Cette innovation est dans le pipe chez Google. Ils vont y arriver. Ils dépenseront chacun de leur dollar pour y arriver. Pour la simple raison qu’elle permettra de réaliser leur rêve : vaincre la mort.

Pouvoir backuper votre cerveau… Cela change la donne… Radicalement même.
Où en est-on sur ce sujet ? Google y travaille, comme je l’expliquais. Mais il y a aussi d’autres startup. À ce que j’ai compris, ils en sont à un stade où ils pensent faire une photo en 3D du cerveau, à un niveau microscopique. La mémoire étant stockée via le positionnement des neurones (je grossis énormément le trait), il suffirait de le prendre en photo pour conserver la mémoire, et le reste.
En gros, c’est comme vouloir prendre une photo d’un disque dur à un niveau microscopique pour en faire un backup. Ça doit marcher… La question qui reste à trancher est « est-ce que l’esprit est stocké dans le cerveau ? Ou est-ce qu’il vient d’un autre endroit… ? ». Comme le dit si bien le directeur technique avec qui je travaille en ce moment : « Mon gars, le meilleur moyen de le savoir, c’est d’essayer ! ».
Tout ces recherches restent très secretes et il est compliqué de savoir comment ça avance…

La restauration du brain backup est un autre problème. Tant que l’interface pour se connecter au cerveau n’aura pas été trouvée, cela s’annonce compliqué ; sauf à passer, par exemple, par des processus d’impression 3D pour re-matérialiser les tissus tels qu’ils ont été sauvegardés… On imprime bien des œsophage cellule par cellule…

Nous serons d’ailleurs surement assistés dans ces recherches d’interfacage avec le cerveau par une IA de plus en plus « intelligente ». Car, d’ici vingt ans, nous disposerons surement d’outils capable de penser plus vite que nous. C’est l’une des clé de la singularité : le flux d’information qui devient trop large pour que nous le comprenions sera généré par des machines de plus en plus intelligentes.

On pense donc que nous devrons nous augmenter pour ne pas être dépassés par ces machines, et continuer à les contrôler tout en bénéficiant de leur intelligence. Cela va se faire « naturellement ».

Passé le stade des premiers brain backups, on commence à rentrer dans la science fiction ; mais voilà ce que j’en pense.

Après les premiers brain backups, la clé pour faire vivre un esprit humain dans une machine sera trouvée, plus ou moins vite.

[Mode SF : On]

Voici un scénario parmi tant d’autre (à ne pas prendre au sérieux hihi) :

On assistera surement à un exode massif vers ce « nouveau continent numérique ». Cela pourrait intervenir vers les années 2100. Les machines maintiendront les immenses datacenter qui nous hébergeront.

Il est très difficile d’imaginer quelles seront nos capacités dans un tel environnement. Elles seront surement décuplées, et toujours assistée d’une IA puissante.
Ce qui est sur, de mon point de vue de développeur, c’est qu’il sera alors possible de designer un monde personnel sans limite, tout en restant connecté.

Microsoft s’est surement déjà projeté jusqu’à ce stade. Le rachat de Minecraft à un prix exorbitant et son portage sur Hololens (premiers implants visuels) le démontre, à mon sens.
Les modèles économiques sont in-devinables, mais une intervention politique ne sera alors plus à exclure pour assurer la « continuité de service » des hébergements de nos cerveaux numérisés (dans Azure 😉

Au bout d’un temps plus ou moins long, car nous aurons alors un peu plus de contrôle sur la notion de temps qui passe, certain décideront surement d’aller s’héberger sur des datacenter près d’une source d’énergie sécurisée. La plus simple étant notre étoile : le Soleil.

Vu de ma fenêtre, ce scénario explique pourquoi on n’est jamais tombé sur d’autres espèces intelligentes, sur notre planète ou sur une autre. Si en 40 000 ans d’évolution une espèce peut devenir post physique, vu l’âge de notre planète ou de notre galaxie (plusieurs milliards d’années), il est fort peu probable que nous rencontrions une autre espèce intelligente qui ne soit pas encore passé au stade post physique.

[Mode SF : Off]

Si certain point peuvent donner à sourire, mon but ici est d’expliquer et de faire prendre conscience aux gens de ce qui relève de la pure imagination et du réel, tant la différence devient compliquée si on ne se documente pas.

Ce qui semble acté, c’est que notre longévité sera assurée par les machines : tant pour héberger nos sauvegardes, nos « nouveaux univers », que pour les supporter et assurer un monde physique au service de nos nouveaux mondes numériques.

Des questions se posent. L’esprit et l’âme des hommes sont-elles stockées physiquement dans le cerveau ? Les uns pensent que oui, les autres pensent que non, …
Les évolutions sociétales que vont créer ces nouveaux états de fait pourraient s’avérer particulièrement amoral : que faire de ceux qui ne voudront pas, ou ne pourront pas, s’augmenter, se backuper, … ?

Vos business seront également impactés à court terme par ces changements ; notamment en ce qui concerne l’augmentation artificielle de nos capacités cognitives.
Souhaiterez-vous, dans dix ans, embaucher des candidats qui auront fait choix de ne pas s’augmenter ? Vos clients seront-ils prêts à l’accepter ? Pourrez-vous rester compétitifs sans ces salariés augmentés ?

Ce sera l’un des points qui sera abordé dans le troisième volet de cette série des chroniques du transhumanisme !

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Chroniques du transhumanisme – Partie 1 : Que fait Microsoft ?

2015 aura été l’année de la démocratisation du transhumanisme.

Même si le tout public n’est pas encore averti quant à cette philosophie, 2015 a vu un certain nombre d’acteurs s’affirmer en tant qu’adhérents à ce courant de pensée, et a commencé à l’expliquer.

Pour l’instant, ces industriels s’appliquent à former et évangéliser les professionnels de l’informatique.

Pour rappel, le transhumanisme, est un mouvement visant à faire la promotion d’un être humain augmenté, bardé d’implants, assisté par une IA (intelligence artificielle) plus intelligente que l’être humain, et de fait, quasi immortel.
De prime abord, lorsque je donne cette définition, mes interlocuteurs me prennent pour un fou, et a fortiori prennent également pour fous les adhérents à ce mouvement.

Sachez deux autres choses au sujet du transhumanisme.

Le transhumanisme s’articule autour de trois grands axes technologiques :

  • L’amélioration de l’IA. Le but est d’obtenir une IA suffisamment évoluée pour rivaliser et dépasser un être humain. Le but de cet IA sera une assistance sans faille dans le traitement du flux d’informations toujours plus important qui nous est transmis en tant qu’être humain. J’inclus également dans cette rubrique les recherches liées à la robotique.
  • L’amélioration des capacités cognitives et motrices des êtres humains. On parle notamment d’implants.
  • La recherche sur les mécanismes cognitifs, composant essentiels à la réussite des deux points cités ci-dessus.

La second point à connaitre est la Singularité.

La Singularité, c’est, en gros, le moment où nos capacités humaines « de naissance » ne nous permettront plus de suivre le flux d’informations et de mises à jour, pour « rester dans le coup ». C’est alors que nous n’aurons plus le choix : nous devrons faire appel à une IA.
Si vous travaillez sur les technologies cloud Microsoft, vous savez tout à fait à quoi je fais référence. Cette réflexion : « Je pars trois semaines en vacances, et je suis complètement dépassé ». Vous l’avez déjà entendue durant 2015. C’est sur. Alors, on fait confiance aux modèles prédictifs (= IA) de FaceBook et consorts pour nous présenter un résumé des informations qui nous intéressent.
Pour nous, MVP des technologies Azure, Office 365, … La Singularité est très proche.
Pour le tout public, cet état de fait arrivera, peu ou prou, dans les cinq prochaines années.

Je vais tout d’abord vous expliquer pourquoi, à mon sens, il convient de garder un oeil sur l’évolution de ces techniques, et de la philosophie transhumaniste qui y est liée. Puis, nous verrons comment Microsoft s’inscrit dans ce nouvel environnement, précurseur du marché de demain.

Pourquoi faut-il prendre les transhumanistes au sérieux ?

Tout simplement parce qu’ils se donnent les moyens d’arriver à leurs fins. Cela a commencé avec un lobbying forcené sous le Président Clinton, très attaché à ce que les Etats-Unis restent dans la course, et ne se fassent jamais dépasser technologiquement parlant.
Le résultat de ce lobbying fut un cadre législatif hyper favorable, que même Georges Bush n’a pas réussi à détruire, malgré son opposition à la recherche sur le génome. Ses différentes guerres ont même conduit au développement des exosquelettes par l’armée américaine. On compte également un certain nombre des travaux sur des prothèses (jambes, bras, mains) qui révolutionnent actuellement le marché et la vie des patients amputés. On a branché directement ces prothèses sur le système nerveux…
Les subventions ont donc coulé à flots pour ce type de projet, jusqu’à ce que ces start-up et ces labos voient d’autres acteurs que l’Etat américain les aider. Cela nous amène à la seconde question de ce post :

Qui sont les principaux financeurs et promoteurs du transhumanisme dans le monde ?

Très franchement, la première réponse que l’on donnera à cette question, c’est Google.
Mountain View est très différente des autres GAFAM en ce sens que ses fondateurs se revendiquent très clairement comme étant transhumanistes. Pour eux, le moteur de recherche ultime est une IA qui vous amènera l’information parfaite, directement dans le cerveau. Ils veulent à la fois s’affranchir des interfaces préhistoriques que sont le clavier et l’écran, et fournir un service qui fera passer le Google actuel pour Lycos dans ses premiers mois (mais si, tout le monde se souvient de Lycos ;-))
Dans la foulée, ils veulent également vaincre la mort.

C’est pour cela qu’ils se sont récemment réorganisés avec Alphabet. Avant, lorsque vous investissiez dans Google, vous ne saviez pas si votre argent était investi dans la partie classique « Moteur de recherche et Marketing digital » ou dans la partie hyper innovante du laboratoire secret Google X : « Tuer la mort », « Développer une IA capable de dépasser l’être humain », « Faire un Brain Backup ».

Cela générait de la méfiance vis à vis des investisseurs institutionnels et de la déception pour ceux qui voulaient investir dans les start up liées à Google X. Ce nouveau montage leur permet de faire financer les deux activités de manière différenciées, et rend le message plus clair pour leurs investisseurs.

Cela montre à quel point ils tiennent au développement de ces projets. Ray Kurzweil, sorte de prophète du transhumanisme mondial, a d’ailleurs été embauché par Google. Mountain View finance l’Université de la Singularité, achète à coup de millions de dollars des start up qui s’intéressent de près ou de loin à l’IA, au domaine de l’allongement de la vie, et ils investissent.
Ils ne le font pas principalement pour les débouchés commerciaux : les deux fondateurs de Google le font pour l’Humanité. Ils en sont convaincus. Ce sont surement des investissements sans fin, avec des débouchés à très long terme. Mais ils le font. Ils en ont les moyens, et ils en ont la capacité politique : personne n’ira les embêter avec de l’éthique conservatrice.
Pour ma part, je ne doute pas qu’ils réussissent dans les vingt années à venir à réaliser des brain backup, et à nous sortir une IA passant haut la main le test de Turing, et même à nous dépasser largement via l’auto amélioration.

Google est l’une des principales raisons pour laquelle vous ne pouvez pas, en tant que professionnel des nouvelles technologies, faire fi de ce qui se passe en « transhumanie ». Ce sont des gens avec des moyens, des idées et peu de limites.

Et les autres ? Qui parmi les GAFAM s’engage sur la voie transhumaniste ?
Vraisemblablement tous.

Apple, comme d’habitude, garde le secret, mais la dernière mouture de Mac OS X contient des modèles prédictifs très efficaces et poussés, ce qui veut dire qu’ils travaillent de près ou de loin à une IA. Il en est de même pour Siri. L’iPhone est également un device éminemment transhumaniste : il peut s’apparenter à un implant.

Facebook va sortir sur Q1 2016 l’Oculus Rift, un device capable de générer une réalité virtuelle. Une nouvelle interface, bien plus puissante qu’un écran. Pour l’avoir essayé, je vous garantis qu’il ne s’agit pas que d’un gadget : les applications sont incroyablement nombreuses et vont révolutionner un certain nombre de nos usages.
Facebook travaille également sur les modèles prédictifs pour son réseau social, et donc, à n’en pas douter, sur une IA. Ils ont toutes les données nécessaires pour comprendre la vie d’un être humain.

Concernant Amazon, je ne sais pas exactement où ils en sont. Mais les détracteurs religieux des transhumanistes hurlent également régulièrement sur eux. Comme le dit justement ma belle mère : « y’a pas de fumée sans feu ». Ils ont surement quelque chose dans les fourneaux : l’utilisation de drones pour les livraison indique qu’ils doivent également travailler sur une puissante IA pour gérer leurs futures flottes de drones.

Je me permets également de citer IBM, qui réalise un travail titanesque sur l’IA et l’analyse prédictive. IBM ne fait pas partie des GAFAM, mais il vend ses technologies aux uns et aux autres.

Ce qui nous emmène à Microsoft. Le dernier des GAFAM.
Je vais pouvoir m’étendre plus que les autres sur Microsoft, tout simplement car je les connais mieux.
Tout d’abord, je n’ai jamais entendu un représentant de Microsoft se dire ouvertement transhumaniste. Si une telle prise de position laisserait surement indifférent aux USA, elle provoquerait une levée de boucliers sur le vieux continent. Question d’approche culturelle.

Les européens pensent que l’innovation technologique détruit des emplois, et donc, s’en méfient comme de la peste. Dans cette méfiance, nous trouvons donc toutes sortes d’arguments à opposer aux transhumanistes : « ils veulent se prendre pour Dieu », « Ils veulent détruire les êtres humains en les transformant en machine », « s’ils arrivent à leurs fins, deux classes d’êtres humains existeront : les post humains et les originaux ».
Les américains voient dans l’évolution technologique la solution à la quasi totalité de leurs problèmes.
Microsoft n’a donc surement pas envie de créer de la controverse là où ils peuvent l’éviter ; ce que je peux tout à fait comprendre.

Ils participent, à mon sens, grandement à la mutation transhumaniste de notre monde, au travers d’un certain nombre de produits, qui sont aujourd’hui leurs produits phares :

Office 365 et Azure
Au travers du cycle de mise à jour de ces produits, ils nous rapprochent de la Singularité. Comme je l’indiquais ci-dessus, il ne m’était jamais arrivé d’être largué après trois semaines de congés. Depuis 2015, il me faut au moins deux semaines pour me remettre à niveau. Et même lorsque je travaille, la veille technologique est maintenant continue, car des innovations sortent tous les jours. Entre Power BI, SharePoint, Office 365, Azure PaaS, Azure IaaS, …

Je laisse donc FaceBook et d’autres méta moteurs me préparer des condensés de ce que j’ai manqué. Ces condensés sont réalisés via des modèles prédictifs, donc des IA. Et ces IA vont être de plus en plus puissantes avec le temps : elles peuvent agréger, analyser et qualifier plus de données qu’il y a un an, et la qualité des résultats fournis augmente également avec l’amélioration continue des ces algorithmes.

Azure participe également à la mise à disposition du produit Azure Machine Learning, sorte de modèle préhistorique d’une « IA as a Service ». Mais j’en parlerai plus longuement dans la partie Cortana Analytics détaillée ci-dessous.

Cortana Analytics
Plus qu’un produit en tant que tel, il s’agit en fait d’une suite rassemblant les produits de Microsoft liés à la donnée. On parlera d’Azure Data Factory, de Machine Learning, de PowerApps, et de plein d’autres applications présentes dans Azure.

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Le but de Cortana Analytics est de récupérer toutes les données possibles sur votre business, de les stocker et les analyser, puis de la livrer aux parties prenantes de votre business (vous, vos clients B2B ou B2C, vos salariés, d’autres programmes…) via n’importe quel vecteur : reporting ciblés, interfaces d’interaction vocale, données plates ou dynamiques, … C’est exactement ce que veut faire Google ; sauf que Microsoft vous propose de le faire avec les données de votre business, et que Google vous propose de le faire avec toutes les données présentes sur Internet.

En cela, Cortana Analytics nous prépare à la Singularité : trop de données à traiter pour vous ? Laissez les modèles prédictifs vous transmettre les seules données importantes, et prendre 90% des décisions « de routine ».

Et les modèles prédictifs se nourriront de vos réactions suite à leurs décisions, afin que leur prochaine décision soit encore plus proche de ce que vous attendez. Une fois que nos schémas cognitifs auront été définis (et ils le sont surement déjà), en fonction de notre âge, de notre culture, de notre genre, … Ils prendront la décision à laquelle nous nous attendons, sans que nous n’ayons besoin de leur demander ; tout simplement parce que nous n’avons tout simplement humainement pas le temps de prendre ces décisions.
Nous y sommes déjà. Mais cela va se développer.

La Xbox
La Xbox est un formidable vecteur d’évangélisation des masses quant aux idées transhumanistes.
Tout d’abord, elle met au cœur de vingt millions de foyers un outil qui ne cesse de banaliser les technologies de pointe. On le voit notamment avec Kinect. Qui aurait accepté il y a dix ans d’avoir trois caméras capables d’interpréter vos mouvements au milieu de son salon ? Aujourd’hui, plus personne ne se pose la question.
De manière plus anecdotique (mais pas tant que ça), les jeux disponibles sur la Xbox banalisent également le message transhumaniste. Si vous jouez au dernier Call of Duty : Black Ops II, vous entendrez parler d’amputés volontaires, dont le but est de se faire poser des prothèses plus puissantes que leurs membres d’origines.

Et ces amputés là sont les héros que vous incarnez ! Les méchants sont ceux qui sont opposés à ce type d’évolutions. Ce jeu est un block buster. Je ne doute pas que nous retrouverons ce type de schéma « bon = post humain & méchant = conservateur » dans un certain nombre d’autres jeux.
Après les professionnels que nous sommes, il faudra bien convaincre les joueurs.

Hololens
Si je cite ces lunettes de réalité augmentée, c’est tout simplement que je les considère comme un essai, pour Microsoft. Un essai qui vise à se positionner sur le marché des implants non médicaux. Un produit à suivre.

 

Ray Kurzweil disait qu’il n’y aurait pas de technologie de rupture, de Révolution brutale ou de grand soir transhumaniste : cela se fera par petite touche. Chez Microsoft, cela s’appelle la « weekly update ».

Ils avancent par petites touches, sans jamais s’arrêter, jusqu’à arriver à un moment où nous ne pourrons plus suivre. Nous utiliserons alors des modèles prédictifs « as a service » pour prendre certaines décisions, et puis de plus en plus.

Comme je l’écrivais au début de ce post : nous, MVP et autres professionnels devant nous tenir informés, nous commençons à en ressentir les effets au quotidien. Cela n’avait jamais été le cas avant.

J’aime à songer que dans un futur plus ou moins proche, nous pourrons nous backuper afin de créer notre monde, à la Minecraft (récente acquisition de Microsoft, et qui devient une référence dans la présentation des Hololens).
Tout cela me laisse à penser qu’il y a une stratégie clairement transhumaniste chez Microsoft. Elle ne s’applique pas encore à tous les produits, on ne parle pas de post humain, on ne se réclame pas d’un mouvement ou d’un autre. Mais vu de ma fenêtre, l’analyse du rythme imposé des mises à jour sur les produits phares, le positionnement durable sur le marché des modèles prédictifs, des implants, du jeu vidéo, du moteur de recherche ne font pas de doute sur le but à long terme de la firme de Redmond : préparer le futur sans affrontement frontal avec Google.

Grossièrement, la stratégie de Microsoft pourrait se résumer de la manière suivante : laisser Google trouver comment backuper un cerveau, et proposer Azure comme support pour stocker et sécuriser le backup ; et faire vivre ces consciences humaines dans leurs infrastructures.

Félicitations ! Si vous avez fait choix de devenir un professionnel des technologies Microsoft Azure, vous vous assurez un emploi pour les 2500 prochaines années 😉