Hors sujet : Sortie du livre Les pierres écarlates tome 1 de Caroline Blineau – Préfacé par moi !

Bonjour à tous,

Un petit hors sujet pour vous annoncer la sortie récente du livre Les pierres écarlates – Tome 1 : Les confessions de Barbe-Bleue de l’auteur Caroline Blineau, aux éditions Nanachi. Pour seulement 17€ (même pas le prix d’une CAL SharePoint 2013, elle est pas belle la vie ?) !

J’ai eu le plaisir et l’honneur d’en avoir signé la préface que je vous livre ici :

« On n’est plus des gosses ; l’âge adulte, c’est comme le cimetière des rêveurs »
De rêves et de cendres – Gaëlino M’Bani

Le temps passe vite, et nous oublions ou renonçons aux combats auxquels nous étions pourtant attachés. Le travail, la famille nous emprisonnent dans les habitudes et les conventions… Si on y fait pas attention, on s’y retrouve piégé. Les rêves disparaissent alors, et avec eux le goût du risque, de l’aventure et du sens. C’est un carcan dans lequel n’est jamais tombé l’auteur. Aussi loin que remontent mes souvenirs, Caroline a conservé intact sa faculté à rêver, et à remettre en question des idées pourtant bien établies dans la société. Elle sait le faire au travers de l’humour des émissions de radio que nous faisons ensemble, de ses dessins, ou d’écrits, comme c’est le cas avec ce premier livre.

Caroline Blineau vous propose un livre aux traits bruts du premier tableau d’un tout jeune artiste peintre que l’on achète en croyant à sa réussite prochaine. La jeune écrivaine a pu s’appuyer sur les solides fondations de ses connaissances de l’univers fantastique. Depuis les jeux de rôles qu’elle pratique régulièrement, à sa passion pour les jeux vidéos, à ses talents de dessinatrice, et, de manière anecdotique, à ses cours de sabre-laser.

Je connais Caroline depuis sa naissance. Enfants, nous avons beaucoup joué ensembles, avec nos fratries respectives. Nous nous rejoignions souvent dans la maison de ses parents en Normandie, nous inventant des jeux et des histoires, montant dans les arbres devenus des châteaux, et récupérant des chats noirs auxquels nous prêtions des destinées hors du commun.

Souvent entre rêve et réalité, mais sans se perdre dans les volontés toutes faites, l’auteur place au creux de vos mains un peu de ses rêves grâce à ce livre. Entre chasseurs intrépides, prêtres corrompus, guérisseurs boutés hors des villages et princesses cachées, on accède en lisant ce livre à une ouverture sur l’imaginaire de l’auteur qui tend à nous faire fantasmer des personnages et des situations. Cette action de re-faire marcher, le temps d’un livre, notre imaginaire est facilité par l’échange avec l’auteur qui vous fournit sans discontinuer le « carburant de rêves » nécessaire à entretenir l’effort d’imagination. C’est donc une plongée dans les rêves de l’auteur mais également dans votre imaginaire que vous apportera le premier niveau de lecture de ce livre.

Des rêves et de la liberté d’imaginer et de songer, nait très rapidement la remise en question des principes établis. Cette remise en question est féroce dans ce livre. On ne pourra pas reprocher à ces quelques trois-cents pages de ne pas être engagées contre la pâte qu’a laissé la religion dominante sur nos croyances. Et c’est là l’originalité de ce livre : poser des questions très actuelles au travers d’une histoire fantastique. Comme je l’écrivais au-dessus au sujet des traits bruts de ce livre, on ressentira ici l’effet d’un vin jeune, presque pétillant, qui ne demande qu’à être goûté pour en apprécier le potentiel. Vous ressentirez cette sensation en lisant ces lignes engagées.

Le sens critique constitue l’une des fondations de la Liberté. Cette faculté à construire son propre jugement sur une parole ou sur un acte découle de notre capacité à rêver. On ne s’y trompera d’ailleurs pas : les régimes autoritaires ou totalitaires cherchent par tous les moyens à réduire l’accès aux œuvres et aux arts qui poussent les êtres humains à rêver. Certains autres régimes pratiquent ce terrorisme intellectuel de manière plus diffuse. On remplace alors les interdictions par des obligations implicites. Obligé de se gaver de contenus, généralement vidéos, de mauvaise qualité, qui standardisent l’imaginaire et le rêve ; en les simplifiant via de vulgaires raccourcis. Si l’on ne consomme pas ces contenus, on peut être amenés à subir une pression sociale implicite. C’est en cédant à ces sirènes « made in TF1 » que l’on s’enterre au « cimetière des rêveurs » dont parle Gaëlino M’Bani dans « De rêves et de cendres ».

Voilà donc, vu de ma fenêtre, où réside l’intérêt essentiel de ce livre, au-delà du bon moment que sa romance vous fera passer : il nous ouvre la porte vers notre rêve et donc notre propre sens critique. Le « cimetière des rêveurs » devient alors un purgatoire, un état fini dans le temps qui permet de remonter vers la surface de notre esprit ; et donc d’exister en tant qu’être individuel.

L’essentiel n’est donc pas de se positionner par rapport aux points de vus exprimés par l’auteur, mais de se positionner par rapport à sois même et à son environnement, « les pierres écarlates » n’étant qu’un accélérateur de cette réflexion.

Les années sont vite passées depuis nos périgrinations normandes, et il est vrai que j’ai été séparé de mes rêves à une période. Mais la lecture de livres comme celui-ci me permet de m’extirper régulièrement de mon travail et de mes occupations quotidiennes, comme une piqûre de rappel essentiel à la conservation de l’instinct critique.

Bravo pour ce premier livre Caroline, et merci de m’avoir offert cette préface.

Bonne lecture et bons rêves à tous.

Aurélien Prévot

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